Tourterelle turque

mardi 21 septembre 2021
par  Patrick MAGNE
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Type :
Columbiformes - Columbidés
Nom :

Tourterelle turque

Sex :
nom Scientifique :
Streptopelia decaocto - Eurasian Collared Dove
Chassable :
nuisible :
NON
Nathan Pieplow, XC11632
longevite :
Cette espèce peut vivre en moyenne 16 ans.


Taille de 32 cm, Envergure de 47 à 55 cm, Poids de 125 gr à 225 gr.
La Tourterelle turque est un petit pigeon élancé, vivant proche de l’Homme et de ses activités. Avec sa queue assez longue et ses ailes relativement courtes et arrondies, elle peut être prise au vol pour un épervier, ce qui peut mettre en émoi provisoire les petits passereaux lorsqu’elle déboule sans prévenir.
Elle a un plumage clair. Les parties supérieures (corps, couvertures alaires et rectrices centrales) sont d’un brun-chamois clair, paraissant uniforme de loin. Mais de près, on voit que certaines tectrices ont un rachis assombri et sont légèrement ourlées de pâle. Les rémiges sont brun sombre et des plumes gris clair sont visibles vers le poignet. Les parties inférieures sont sable clair. En période nuptiale, la tête, le cou et la corps se teintent légèrement de rose. Un net demi-collier noir se dessine à l’arrière du cou, parfois souligné de blanc. Les rectrices, centrales exceptées, sont bicolores, noires sur la moitié proximale, blanches sur la partie distale et cela se voit très bien en vol comme se voit très bien le dessous des ailes clair. L’iris est rouge-sang, l’œil cerclé de blanc et le bec noir. Les pattes sont rosâtres.
Le juvénile a les tectrices supérieures nettement ourlées de chamois. Le demi-collier est absent. L’iris est brun et les pattes brun rougeâtre.


Le chant de la Tourterelle turque est un "koukouh kou" sonore, souvent répété. Les deux premières syllabes sont identiques, la deuxième un peu traînante, et la 3e un peu distanciée et de tonalité un peu plus basse.
Le cri de vol, émis souvent au posé, est un gémissement nasillard, d’abord montant puis descendant, intraduisible.

PHOTOS D’EMPREINTES DIVERS ET VARIÉES

PHOTOS D’IDENTIFICATION DIVERS ET VARIÉES




Dans ses contrées indiennes d’origine, la Tourterelle turque était un oiseau du semi-désert et autres zones arides. L’expansion phénoménale, démographique et géographique, qu’elle a connue au 20e siècle est déjà la preuve d’un changement de comportement de sa part. Cette expansion l’a confrontée à de nouveaux milieux en même temps qu’elle devenait très anthropophile. Elle a su profiter de l’abondante ressource procurée par les activités humaines, agricoles et autres. Actuellement, sa présence est très bien corrélée à l’habitat humain.

Il a été montré au Moyen-Orient qu’aucun nid ne se trouvait à plus d’un km d’une maison. C’est probablement le cas aussi en France mais on note une petite tendance de l’espèce à s’émanciper et à nicher en pleine nature. Phénomène à suivre.
En résumé, la Tourterelle turque est très liée aux espaces anthropisés qui jouxtent ou sont inclus dans l’habitat humain. À la campagne, une simple ferme va l’attirer car elle sait qu’elle y trouvera sa pitance. Les petits villages campagnards avec leurs jardins familiaux, leurs poulaillers et leur auréole de vergers, pâturés ou non, campagnards et urbains, sont très recherchés. Idem pour les zones suburbaines et même mais dans une moindre mesure pour la ville à la faveur des parcs et jardins, des places publiques où les gens nourrissent volontiers les oiseaux.
Il en est de même en Amérique du Nord où on observe le même lien avec l’Homme. La progression de l’espèce a dû être favorisée par l’habitude des nords américains, canadiens inclus, de nourrir les oiseaux dans leur jardin avec force mangeoires. C’est un sport national.


La Tourterelle turque est une espèce sympathique de par sa proximité avec l’Homme. On la voit quotidiennement, le plus souvent par deux car les couples sont stables, et toute l’année car c’est une sédentaire.
On entend son chant qui participe à l’ambiance sonore des hameaux, villages et autres périphéries urbaines. Ce chant peut devenir entêtant car souvent répété à longueur de journée. Elle vient tenir compagnie aux poules des poulaillers car il y a toujours des graines à glaner. De la même façon, elle fréquentera volontiers les points de nourrissage où sont distribuées des graines, et bien sûr les silos à grains et autres stocks de graines.
Elle se nourrit habituellement au sol, mais est capable de monter sur une mangeoire, un rebord de fenêtre ou autre pour trouver la nourriture.
Pendant la période nuptiale, le mâle effectue de jolis vols nuptiaux, depuis un toit, un arbre ou un autre perchoir exposé. Il s’élève en battant bruyamment des ailes puis se laisse glisser vers la femelle, ailes et queue déployées et poussant son cri nasillard. S’ensuit une parade nuptiale au cours de laquelle les partenaires effectuent des sauts face à face jusqu’à un mètre de hauteur en battant bruyamment des ailes, et cela plusieurs fois le cas échéant. Suivent des poursuites en vol, ponctuées de coup d’ailes. Il est touchant de voir les partenaires se bécoter mutuellement, posés côte à côte sur un fil, une branche ou un chéneau. C’est une espèce qu’on doit pouvoir apprivoiser facilement.





Le vol de la Tourterelle turque est un vol rapide et direct grâce à des battements énergiques des ailes. Les ailes arrondies à l’extrémité sont à mettre en relation avec la sédentarité de l’espèce.
Au cours des manifestations sexuelles, elle pratique volontiers le vol plané, ailes et queue déployées au maximum, lorsqu’elle descend vers un perchoir à la fin de sa démonstration.



La Tourterelle turque est essentiellement granivore et recherche sa nourriture au sol. Les graines de céréales ou d’autres plantes cultivées comme le sarrasin arrivent toujours en bonne place mais, suivant les régions, la composition de la diète varie.
Graines de graminées sauvages, polygonacées, brassicacées, etc. sont échantillonnées. Suivant les saisons également, au printemps les jeunes pousses et quelques menus insectes entrent dans le régime, puis quelques baies en été, mais de façon anecdotique. Sa ration journalière est d’environ 20 g de nourriture.
Elle boit par succion, sans mouvement de tête pour avaler.



En région tempérée, la Tourterelle turque se reproduit surtout de mars à octobre. Dans ce laps de temps, elle peut enchaîner plusieurs nidifications successives.
Celles-ci peuvent même se télescoper et on a déjà trouvé des pontes dans des nids que les jeunes de la nichée précédente n’avaient pas encore quitté. Inutile de préciser que l’espèce est prolifique et que la productivité doit être un paramètre démographique majeur expliquant l’expansionnisme de l’espèce.
Le nid est très "colombidé". C’est une petite plate-forme très sommaire, faite de brindilles sèches et construite dans un arbre, un arbuste dense, une haie... La femelle y dépose 2 œufs blancs et lisses. L’incubation dure environ 14 jours, assurée par les deux parents. Les poussins sont nidicoles. Les parents les nourrissent avec de la bouillie de graines (lait de pigeon) et les jeunes quittent le nid à l’âge de 18 à 19 jours. Ils peuvent voler à l’âge de trois semaines et sont indépendants à 30 ou 40 jours
Il serait intéressant de marquer des femelles adultes et de suivre leur parcours reproducteur sur une saison. Sans cela, on ne peut jamais être certain du nombre de nichées successives car rien ne ressemble plus à une femelle adulte qu’une autre femelle adulte.

Bibliographie :
OFB Office Française de la Biodiversité
SAGIR
Guide des oiseaux d’Europe. Delachaux & Niestlé
Les oiseaux d’Europe . Lars Jonsson. Nathan
La Faune de France. Nathan
Guide encyclopédique des oiseaux. Nathan
Oiseaux.net


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vendredi 24 septembre 2021

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