Pigeon ramier

mardi 21 septembre 2021
par  Patrick MAGNE
popularité : 41%

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Type :
Columbiformes, Columbidés
Nom :

Pigeon ramier

Sex :
nom Scientifique :
Columba palumbus - Common Wood Pigeon
Chassable :
nuisible :
NON
Sander Bot, XC35082
longevite :
Cette espèce peut vivre en moyenne 16 ans.


Taille de 45 cm, Envergure de 75 à 80 cm, Poids de 450 gr à 520 gr.
Le Pigeon ramier est un grand pigeon, le plus grand du paléarctique occidental. Outre sa grande taille, on le reconnaît à sa silhouette allongée à longue queue, à la grande marque blanche qui orne la base de son cou de chaque côté et, en vol, à la bande blanche qui coupe l’aile en son milieu au niveau du poignet sur les couvertures. Au posé, elle se résoud à un fin trait blanc sur le bord antérieur de l’aile fermée.
Chez l’adulte, la tête et les parties supérieures sont d’un gris bleuté assez clair. Les parties inférieures sont d’un gris plus clair, avec une nette teinte vineuse ou mauve sur toute la poitrine et la base du cou. À bonne lumière, les côtés du cou paraissent nettement striés. Les deux taches blanches s’inscrivent dans un contexte d’irisations roses, pourpres, vert clair et vert sombre du plus bel effet. Les rémiges sont gris sombre avec des liserés blanchâtres. Le queue est typique. Les rectrices sont grises dessus avec une large bande terminale noire. Dessous, elles sont barrées en leur milieu d’une large bande blanche, bien visible en vol.
L’iris est d’un jaune très pâle, presque blanc, entouré d’un cercle orbitaire gris. Le bec est rose-pourpre à la base, jaune à son extrémité, et la cire est blanche. Les tarses et les doigts sont roses. Les sexes sont pratiquement semblables. Le mâle a en moyenne les taches blanches du cou plus développées et la poitrine plus vivement colorée que la femelle.
Les 5 sous-espèces décrites se distinguent par de légères différences de couleur du plumage et des parties nues.
Le juvénile est plus terne que l’adulte. Le dessus est d’un gris nuancé de brun sur les ailes, avec les couvertures légèrement ourlées de beige. La tache blanche du cou est absente ainsi que les teintes irisées. L’iris et le bec sont gris. Les pattes sont gris rosâtre.
La grande taille et la silhouette empêchent une confusion avec d’autres pigeons, excepté sur l’île de Madère où il cohabite, ou plutôt cohabitait, avec le Pigeon trocaz, d’allure semblable. Mais le ramier est le seul à avoir des bandes blanches nettes dans l’aile.


Le chant du Pigeon ramier est typique et facile à reconnaître. Il est très sonore, de tonalité basse et légèrement rauque. La phrase de base, invariable, peut s’écrire "kouh kouh kouhkouh kouh kouhkouh kouhkouh kouh", avec accent tonique sur la première syllabe et dernière syllabe comme suspendue. Les syllabes s’organisent en 4 fréquences proches. La phrase peut être unique ou répétée plusieurs fois suivant l’humeur du chanteur.
C’est le roucoulement familier que l’on peut entendre partout en milieu arboré au printemps, et même en ville à présent à la faveur des parcs et jardins. La tonalité basse est faite pour passer la barrière du feuillage.
Le cri territorial, de tonalité similaire, est un "wouhhkouuuh" plus ou moins étiré.
Le couple dans l’intimité produit divers sons gutturaux. En dehors de la période de reproduction, l’espèce est silencieuse.

PHOTOS D’EMPREINTES DIVERS ET VARIÉES

PHOTOS D’IDENTIFICATION DIVERS ET VARIÉES




Le Pigeon ramier a deux exigences quant à l’habitat. Il a besoin d’un milieu arboré pour sa reproduction mais l’exigence est faible.

On le trouve en effet nicheur du cœur de la forêt profonde à un habitat très peu arboré comme un jardin pourvu de quelques arbres en milieu sub-urbain. Le milieu arboré est son milieu refuge en toutes saisons. Il passe la nuit perché sur un arbre.
En revanche, il a besoin d’espaces dégagés avec accès au sol pour pouvoir s’alimenter, et ce en tout temps. Il est plutôt éclectique dans les milieux fréquentés pour cela car cela peut aller de la clairière isolée au milieu d’un massif forestier dense à la pelouse bien tondue au cœur d’une grande ville. Mais les espaces agricoles, au moins en Europe, restent ceux qu’il fréquente le plus assidûment pour la recherche de nourriture car elle y abonde.
Sa présence en ville est assez récente et l’espèce continue d’investir le milieu urbain où il est en compétition avec le Pigeon biset urbain. Il lui arrive même à présent de nicher comme lui sur un bâtiment. Mimétisme ?


Le Pigeon ramier est une espèce monogame se reproduisant par couples territoriaux. Mais dès la reproduction terminée, il devient grégaire. Ce sont d’abord les groupes familiaux qui se rassemblent pour exploiter ensemble les ressources locales et qui passent la nuit ensemble dans les arbres. Comme c’est une espèce gibier, ce sont ces groupes qui font l’objet de prélèvements de la part des chasseurs à l’ouverture de la chasse. La corpulence de l’oiseau et son abondance en font un gibier de choix.
Le Pigeon ramier est un migrateur partiel. Les oiseaux d’Europe de l’Ouest sont sédentaires ou tout au plus erratiques tandis que les populations d’Europe septentrionale, centrale et orientale, soumises à des rigueurs hivernales, sont migratrices. À l’automne, essentiellement en octobre, de grandes troupes, fortes souvent de plusieurs milliers d’oiseaux, migrent vers l’ouest du continent et le pourtour méditerranéen où elles passeront l’hiver. Le passage des cols pyrénéens en direction de l’Espagne est un phénomène spectaculaire bien connu des ornithologues qui y décomptent les migrateurs. Ils sont également attendus dans le sud-ouest de la France, particulièrement dans les Landes, par des personnes moins bien intentionnées.
La chasse à la palombe dans des sites aménagés appelés palombières, y est une tradition au nom de laquelle tout est quasiment permis en termes de prélèvements.
À l’origine, le Pigeon ramier est un oiseau plutôt farouche vis à vis de l’Homme. Mais dans la période récente, une fraction de la population a évolué vers une certaine familiarité avec lui, un rapprochement, probablement du fait du lien étroit entre l’oiseau et l’agriculture. Et le phénomène continue à prendre de l’ampleur. Certains ramiers sont devenus parfaitement urbains à la faveur des parcs et jardins arborés. Ils y côtoient les nombreux Pigeons bisets de ville sans qu’une compétition ne semble se dessiner entre les deux espèces, ce qui veut dire qu’ils n’exploitent pas de la même façon le milieu urbain. L’adaptabilité du ramier à ce milieu est bien illustrée par les exemples récents de nidification sur bâtiments, par exemple sur des balcons, des rebords de fenêtres avec jardinières, des corniches..., donc de façon beaucoup moins cachée que celle du biset, minimisant là aussi la compétition. Mais qu’en sera-t-il à terme ? Les deux espèces se côtoient déjà largement dans le milieu agricole où ils se nourrissent. En milieu urbain, ces oiseaux trouvent une certaine protection contre les prédateurs et même contre l’Homme lui même en tant que prédateur, protection qu’ils n’ont pas ou qui est moindre en milieu naturel.
Pour finir, que connaît et que perçoit du ramier le public non averti. En période printanière, ce sont deux manifestations qui attirent l’attention. Tout d’abord, le chant, très audible et très caractéristique. Ensuite, le vol de parade, démonstration très visuelle et auditive à laquelle se livrent les mâles territoriaux. Il sera décrit au paragraphe suivant.
En période migratoire, les grandes troupes de passage se remarquent bien, soit lorsqu’elles sont en migration active, soit quand elles envahissent les forêts à la recherches de graines, glands, faines et autres. Cela attire bien sûr les prédateurs comme l’Autour des palombes, rapace spécialisé dont on devine la présence et l’action aux gerbes de ramiers qui jaillissent au-dessus de la canopée pour lui échapper.





Le Pigeon ramier a un vol énergique, rapide et direct. On sent la puissance dans les battements qui se traduisent par un sifflement continu.
Le vol territorial ne passe pas inaperçu. L’oiseau en parade prend de l’altitude en faisant volontairement claquer bruyamment ses ailes, atteint un point culminant ailes fermées et queue déployée, chute un peu puis reprend son vol normal.



Le Pigeon ramier se nourrit au sol essentiellement d’éléments de nature végétale, feuilles, bourgeons, jeunes pousses, graines diverses cultivées ou sauvages, fruits, etc.
Il est capable d’avaler une graine aussi grosse qu’un gland de chêne ou un fruit de la taille d’une cerise. Le régime comporte aussi une part minoritaire d’invertébrés, vers, larves et imagos d’insectes, petits mollusques, etc.
Les terres agricoles lui procurent l’essentiel de sa diète et lorsqu’il s’abat en nombre dans les cultures, les dégâts occasionnés peuvent être importants.



Le Pigeon ramier a une nidification arboricole. Il construit son nid à une hauteur variable dans un arbre ou un gros arbuste. Ce nid est une structure assez plate, de 17 à 23 cm de diamètre, construite sur ou à la base d’une branche, dans un lierre le long d’un tronc, dans un arbuste dense, etc. Occasionnellement, il peut faire son nid sur un bâtiment urbain, par exemple à l’abri d’une jardinière sur un balcon ou un rebord de fenêtre. C’est un phénomène récent qui tend à se développer. On a aussi déjà trouvé son nid au sol dans une végétation dense.
Ce nid est fait de brindilles sèches d’une 20e de cm de longueur entrecroisées. Des brindilles plus petites et quelques herbes assurent la consistance de l’ensemble. Mais le nid reste assez sommaire et il arrive qu’on puisse voir les œufs à travers. Il est souvent réutilisé, ce qui accroît son épaisseur.
La femelle y pond 2 œufs blancs comme c’est la règle chez les Columbidés. L’incubation, qui commence avec la ponte du premier œuf, dure 16 à 17 jours. Les jeunes, d’abord couverts d’un duvet jaunâtre puis du plumage juvénile, séjourneront au nid environ 1 mois avant de pouvoir voler. Après l’envol, ils resteront encore quelque temps sous la dépendance des parents.
Les jeunes sont nourris par régurgitation du contenu du jabot des adultes. Au début, leur nourriture exclusive est une sécrétion du jabot lui-même nommée lait de pigeon. C’est une adaptation des Columbidés. Puis le régime deviendra progressivement végétarien, le bol alimentaire consistant en une bouillie préparée dans leur jabot et incluant les items végétaux consommés par eux.
En région tempérée, la période de reproduction s’étend de fin février à début septembre.Une seconde ponte normale est fréquente chez cette espèce et une troisième est possible dans ce laps de temps. Cela compense la faible taille de ponte naturelle de l’espèce.

Bibliographie :
OFB Office Française de la Biodiversité
SAGIR
Guide des oiseaux d’Europe. Delachaux & Niestlé
Les oiseaux d’Europe . Lars Jonsson. Nathan
La Faune de France. Nathan
Guide encyclopédique des oiseaux. Nathan
Oiseaux.net


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vendredi 24 septembre 2021

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